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Nouvelles formes de soutien aux jeunes commissaires d’exposition en France et en Allemagne

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Les expos à ne pas rater à Paris cet automne

Stephanie Weber, commissaire d’exposition au Lenbachhaus de Munich, a participé au programme FOCUS ARTS VISUELS de l’Institut français pour des curateurs internationaux pendant lequel elle a visité notamment la FIAC 2017 et la Biennale d’art contemporain de Lyon. Voici ses recommandations.

© Städtische Galerie im Lenbachhaus et Kunstbau München

© Städtische Galerie im Lenbachhaus et Kunstbau München

En tant qu’étudiante, Paris incarnait pour moi l’art du 19ème siècle (et naturellement les cafés et le vin rouge mythiques), où l’on pouvait voir les œuvres de Henry de Toulouse Lautrec, Edouard Manet ou Gustave Courbet. Encore aujourd’hui, quand j’y suis, je suis tentée d’aller aussi au Musée d’Orsay ou bien au Musée Gustave Moreau. Cependant il existe entre temps à Paris tout un tas de lieux pour l’art contemporain ou la création qui valent le détour.
Le programme FOCUS de l’Institut français, nous a permis de découvrir plein de lieux que j’avais toujours voulu visiter. En plus de notre programme journalier dense, il y avait, le soir, encore plus de choses à voir.

Le Bal, Clément Cogitore

© Clément Cogitore / ADAGP, Paris 2017

© Clément Cogitore / ADAGP, Paris 2017

Le secret, qui ne devrait pas en être un : le programme du centre d’art fondé en 2010 par Raymond Depardon et Diane Dufour se développe autour d’une notion étendue de la photographie et de l’image contemporaine. La devise du Bal « L’image comme un document de la réalité contemporaine » se comprend aussi ici comme une dimension politique.

L’histoire (vraie) racontée par Clément Cogitore dans son exposition Braguino ou La communauté impossible, rappelle la tragédie shakespearienne. Le conflit grandissant entre deux familles qui se sont établies juste à côté l’une de l’autre dans la solitude de la Taiga russe, est aussi absurde qu’il en dit long. Dans une époque, où les partis de droite populaires en Europe veulent faire reculer les fondements de notre vie collective, les enregistrements si sensibles du film de Cogitore – qui est montré ici dans une installation dans une pièce entière – alarment.

© Musée de la Chasse et de la Nature - Serena Carone / ADAGP -, photo: Béatrice Hatala

© Musée de la Chasse et de la Nature – Serena Carone / ADAGP -, photo: Béatrice Hatala

Le Musée de la Chasse et de la Nature, Sophie Calle et Serena Carone
Le Musée de la Chasse et de la Nature, ouvert en 1967, est étrange : il est rempli de centaines de corps d’animaux empaillés qui montrent de manière impressionnante la beauté des animaux aussi bien que la voracité humaine pour les trophées. Chaque petit détail du bâtiment est agencé avec amour – des poignées de portes aux rampes d’escaliers sculptées, des vitrines aux étagères.

Sophie Calle dont je pensais m’être lassé de ses œuvres, a créé ici une exposition extraordinaire avec Serena Carone, qu’elle a invitée. Il est déjà incroyable que Calle ait choisi exactement ce lieu pour montrer (entre autres) une série d’œuvre sur la mort de son père. Au rez-de-chaussée, l’énorme buste d’une girafe empaillée qui se termine abruptement et brutalement en moignon, a un effet d’écho avec la violence de la perte personnelle, thématisée par les artistes. Les interventions pleine d’humour, tendres et parfois cruelles de Calle et Carone sont dispersées si subtilement à travers la collection permanente du musée que l’on pourrait ne pas les voir. Modeste et grandiose à la fois.

Abbaye de Maubuisson, Hicham Berrada

© ADAGP Hicham Berrada, Courtesy de l’artiste ; kamel mennour, Paris/London ; Wentrup, Berlin et CulturesInterface, Casablanca, photo : Catherine Brossais - CDVO -

© ADAGP Hicham Berrada, Courtesy de l’artiste ; kamel mennour, Paris/London ; Wentrup, Berlin et CulturesInterface, Casablanca, photo : Catherine Brossais – CDVO -

Celui qui ne connaît pas encore le couvent cistercien de l’Abbaye de Maubuisson en dehors de Paris, doit absolument s’y rendre. C’est sans aucun doute un des plus beaux lieux d’arts que l’on puisse imaginer. Le complexe du monastère original, fondé au 13ème siècle par Blanche de Castille, a servi pendant des centaines d’années de carrière de pierre, et reste un (superbe) bâtiment. L’exposition 74803 jours s’y trouve en ce moment. Pour la salle des religieuses, la pièce centrale du bâtiment d’exposition, Hicham Berrada a conceptualisé un travail vidéo avec beaucoup de sensibilité, qui grâce à une entrée de lumière dans la salle par les fenêtres colorées, apparaît pour ainsi dire comme une présence surnaturelle. Avec son titre, l’exposition reflète également un autre travail de Berrada : une sculpture de bronze exposée dans un aquarium. Les 74803 jours représentent le laps de temps dont il aurait eu besoin pour, dans des conditions climatiques normales, altérer la sculpture autant qu’elle le sera dans l’exposition de six mois. Cela vaut donc la peine d’aller à l’abbaye plusieurs fois pour observer la transformation de l’objet.

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Stéphanie Weber

Commissaire d’exposition pour l’art contemporain au Lenbachhaus de Munich, elle fait des études d’histoire de l’art, de lettres et de culture à Munster et à Bordeaux ainsi que des études de muséologie à l’Ecole du Louvre de Paris. En 2015, elle a obtenu le prix Justus Bier pour commissaires avec sa rétrospective de Lea Lublin et le catalogue l’accompagnant.

Diane Turquety @documenta 14

La commissaire Diane Turquety en dialogue avec Nina d’Hostel sur son travail à la documenta 14 dans le cadre du programme Jeunes Commissaires

Diane Turquety au travail

Diane Turquety au travail

Diane Turquety était invitée à la documenta 14 dans le cadre de la mise en œuvre de marco 14 et CIAM4 / Naufrage avec spectateur, soit une double exposition et un séminaire / tournage reliant Athènes et Cassel.

Il est difficile de se faire une idée de l’installation-exposition au Polytechnion lorsque l’on n’a pas eu l’opportunité de se rendre à Athènes. Vous mentionnez la présentation d’ « un ensemble d’éléments clés préparatoires au film ‘marco14’ », de quelle nature étaient ces éléments ? Ont-ils constitué la trame du film ou ont-ils été un support d’inspiration pour le tournage et la réalisation de marco14 ?

L’installation-exposition présentait des photographies, publications, mobilier, films se référant tous, de près ou de loin, aux trois thèmes contenus dans le titre : marco14 et CIAM IV / Naufrage avec spectateur. Œuvres précédentes de l’artiste, dans ce cas nouvellement agencées, ou documents fac-similés tirés des archives du CIAM étaient donc associés dans une même installation. L’exposition pouvait alors se lire comme une exposition à clés, chacun des éléments constituant d’une certaine manière un indice sur le film à venir (marco14). La notion de continuité est très présente dans le travail de Rainer Oldendorf qui développe en différents chapitres depuis 1995, marco, film picaresque dont était ici projeté le 13ème épisode. Autour de la référence historique au CIAM IV, on pouvait découvrir une sélection de lettres préparatoires au congrès qui s’est tenu en 1933 lors d’une croisière reliant Marseille à Athènes, le film tourné à cette occasion par Moholy-Nagy, et plusieurs répliques des panneaux présentés à l’occasion de l’exposition du congrès qui avait d’ailleurs eu lieu exactement dans ce même bâtiment au Polytechnion. L’articulation de tous ces éléments constituait ainsi un décor/contexte au film marco14, alors encore la partie invisible de la proposition, car tourné deux mois plus tard.

Rainer Oldendorf, marco14 und CIAM4 / Schiffbruch mit Zuschauer,  film de László Moholy-Nagy, vue d'installation, Polytechnion, documenta 14, Athènes 2017

Rainer Oldendorf, marco14 und CIAM4 / Schiffbruch mit Zuschauer, film de László Moholy-Nagy, vue d’installation, Polytechnion, documenta 14, Athènes 2017

La croisière a eu lieu à la mi-mai. Quel était l’objectif de cette croisière interdisciplinaire qui a redonné vie au Congrès International d’Architecture Moderne ? Considérez-vous ce séminaire comme un hommage à Le Corbusier et à la Charte d’Athènes ou comme une réinterprétation moderne de cet échange, en sachant que le film de László Moholy-Nagy documentant le CIAM IV de 1933 a été diffusé et analysé par Rainer Oldendorf ? 

Rainer Oldendorf, marco14 und CIAM4 / Schiffbruch mit Zuschauer,  film de László Moholy-Nagy, vue d'installation, Polytechnion, documenta 14, Athènes 2017

Rainer Oldendorf, marco14 und CIAM4 / Schiffbruch mit Zuschauer, film de László Moholy-Nagy, vue d’installation, Polytechnion, documenta 14, Athènes 2017

Cette croisière était avant tout la possibilité de faire advenir une situation, une situation au cours de laquelle se chevauchaient à la fois un séminaire, le tournage d’un film, un voyage, et la réunion de personnes – étudiants, acteurs, conférenciers – dont le « rôle » n’était justement pas prédéterminé ou exclusif. Si le parcours et ses étapes avaient été précisément réfléchis dans l’optique de connecter trois pays, trois expériences architecturales toutes reliées au CIAM IV ou à ses protagonistes ou héritiers, la dimension contingente du séminaire/tournage était tout aussi importante et revendiquée dans la démarche de l’artiste. On peut en effet y voir une réinterprétation de l’échange qu’a constitué le CIAM IV à une époque, avant la 2nde Guerre mondiale, où justement le courant moderniste n’est pas encore unilatéralement synonyme de la lecture qu’en donnera Le Corbusier dans la Charte d’Athènes. Le CIAM IV, au contraire, est encore ce lieu et ce moment où différentes tendances et interprétations de la modernité en architecture s’expriment, y compris en dissidence avec Le Corbusier.

Quelles questions et thématiques ont-été principalement abordées ?

Des présentations ont été faites sur des participants au CIAM IV, Marie Reidemeister et László Moholy-Nagy ; sur Paul Friedrich Posenenske, l’architecte de la Kunsthochschule de Cassel, d’autres sur la Saline Royale d’Arc-et-Senans ; ou encore sur l’essai de Blumenberg, « Naufrage avec spectateur ». Les interventions permettaient ainsi d’apporter un éclairage et sur les thématiques principales de la proposition de Rainer Oldendorf, et sur les étapes architecturales modernes, néo-classiques ou vernaculaires, du parcours en lui-même.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le choix du titre « Naufrage avec un spectateur » ?

Il s’agit du titre d’un essai d’Hans Blumenberg publié à la fin des années 70, et un des livres de chevet de Rainer Oldendorf. Sa lecture est aussi fascinante qu’ardue, il s’agit notamment d’une analyse des différents sens attribués, de l’Antiquité au XXe siècle, à la métaphore du naufrage en présence d’un spectateur. Le livre était présent dans l’exposition-installation à Athènes via ses 4 éditions allemande, anglaise, grecque et française.

Polytechnion, Athènes

Polytechnion, Athènes

Quel a été votre rôle dans ce projet à la fois cinématographique, pédagogique et curatorial et quelle expérience en avez-vous tiré ?  

Mon rôle a été, de concert avec l’équipe à Athènes, d’organiser et mettre en œuvre les deux expositions au Polytechnion et le séminaire-tournage d’une semaine. Il s’agissait donc comme tout travail de production, dans un laps de temps ici très limité, d’anticiper et de pourvoir au maximum aux impératifs logistiques du montage des expositions, et au déroulé de la croisière – besoins techniques et matériels, planning détaillé de la semaine de tournage, réservations, etc. Et ce, en coordination avec les 5 écoles partenaires qui étaient également impliquées sur chacune des étapes. Ma collaboration était nécessairement très étroite avec Rainer Oldendorf, étant son relais principal directement sur place.

Rainer Oldendorf, marco14 und CIAM4 / Schiffbruch mit Zuschauer, vue d'installation, Polytechnion, documenta 14, Athènes 2017,photo: Angelos Giotopoulos

Rainer Oldendorf, marco14 und CIAM4 / Schiffbruch mit Zuschauer, vue d’installation, Polytechnion, documenta 14, Athènes 2017,photo: Angelos Giotopoulos

Ce fut une expérience très intense et exigeante dans un contexte assez exceptionnel, celui d’Athènes, de la documenta qui pour la première fois s’est déroulée là-bas outre Cassel, l’opportunité de rencontrer et travailler avec des gens d’horizons divers, et de prendre part, également, à ce voyage d’Athènes à Cassel, presque épique en un sens, et surtout très enrichissant sur bien des points. Nous sommes très heureux que ce projet ait pu bénéficier du soutien du Bureau des arts plastiques /Institut français d’Allemagne.

Berlin Art Week du 13 au 17 septembre 2017

Les recommandations de Valérie Chartrain, commissaire d’exposition indépendante à Berlin

Nadira Husain, Milky Way, 2017, courtesy l’artiste et PSM Gallery, Berlin

Nadira Husain, Milky Way, 2017, courtesy l’artiste et PSM Gallery, Berlin

J’avoue me réjouir du retour annuel de la Berlin Art Week qui entre dans sa sixième année. Il y a peu d’autres capitales européennes qui consacrent autant d’efforts aux différentes disciplines artistiques que ce soit la danse, la musique, le théâtre, etc. La Berlin Art Week c’est une ville au rythme de l’art contemporain une semaine durant. Cette année une nouvelle foire, outre Positions, la traditionnelle ABC fera place à Art Berlin. C’est la ville qui m’attire encore plus.

Dans la ville des expositions qui ouvrent simultanément dans les galeries et les institutions. Et ce qui est assez magique avec Berlin c’est la multitude d’expositions d’artistes aux origines diverses mais ayant fait de Berlin leur lieu de vie, de travail et de production. Comme ainsi Monica Bonvicini à la Berlinische Galerie, musée qui se réveille depuis quelques années et qui est aussi de plus en plus ouvert ouvert aux artistes de la ville. Il y a quelques mois ce fut John Bock, et dans quelques jours Monica Bonvicini. Les oeuvres de Bonvicini examinent les systèmes de pouvoirs, les rapports sociaux de sexe et de classe en les confrontant à l’architecture moderniste. Pour la grande salle d’exposition de la Berlinische Galerie, l’installation de Bonvicini se concentre, entre autres, sur le terme de façade et sa fonction. Au KW (Institute for Contemporary Art), ce sera Willem de Rooij, avec une sélection de travaux couvrant les 20 dernières années autour des conséquences éthiques et politiques des mass médias, et au n.b.k. (Neuer Berliner Kunstverein) le duo d’”artistes ready-made”, Claire Fontaine, qui s’attache à déconstruire le langage du capitalisme et autres structures de pouvoir.

Willem de Rooij, Bouquet VI, 2010, Courtesy Collection Stedelijk Museum, Amsterdam

Willem de Rooij, Bouquet VI, 2010, courtesy Collection Stedelijk Museum, Amsterdam

Bref, trois positions qui promettent de subvertir nos visions du monde. Et Berlin qui continue d’être une source de la pensée critique, quand d’autres villes sont au service d’un marché qui ne veut pas de vagues.

Dans les galeries, nombreuses sont les expositions enthousiasmantes, par exemple, celle de Jean Pascal Flavien à la galerie Esther Schipper. L’artiste français installé à Berlin depuis quelques années construit dans la galerie une maison. A l’échelle un. La maison sera tronquée car le plafond est trop bas. Cette maison en deux parties, reliée par une charnière, est construite par l’univers de l’auteur Ballard. Trouée de fenêtres, elle permettra d’observer le paysage, ramené, entre sable et rochers, dans la galerie.

Jean-Pascal Flavien, Ballardian House, 2017, courtesy l’artiste

Jean-Pascal Flavien, Ballardian House, 2017, courtesy l’artiste

Pas très loin de la Potsdamerstrasse, Nadira Husain investit et transforme le nouvel espace de la PSM Gallery, et en fait un lieu de couleurs et de souvenirs d’enfance étonnants, entre chevaux de bois volants et peintures vives. Plus loin à l’est dans ses nouveaux espaces, la galerie Mehdi Chouakri présente Goods par Saâdane Afif, autre français installé à Berlin. Le parti pris de l’exposition est de se concentrer sur des éditions limitées de l’artiste (entre une rare collection de cartes postales, Fountain 2017, quelques posters et la première d’une collaboration avec la bijoutière de Munich : Saskia Diez).

Saâdane Afif, Goods, vue d’exposition Galerie Mehdi Chouakri, Berlin, courtesy Galerie Mehdi Chouakri, Berlin

Saâdane Afif, Goods, vue d’exposition Galerie Mehdi Chouakri, Berlin, courtesy Galerie Mehdi Chouakri, Berlin

A l’autre bout de la ville, Simon Starling chez neugerriemschneider et un nouveau travail puisant ses sources au Japon, entre autres. Chacun des travaux de l’exposition intitulée Stitched, Stretched, Cut, Carved, etc. sera comme un portrait consacré à un artisan.

Chez Meyer Riegger, ce sera l’allemande et parisienne Katinka Bock qui apportera son univers entre fragilité et force et une vraie question sur la matière et la sculpture. Enfin, une exposition à ne pas manquer me semble être la première d’une série de présentations que la galerie ChertLüdde consacre aux archives de Mail Art de Ruth Wolf Rehfeldt et de Robert Rehfeldt, couple berlinois ayant travaillé à Prenzlauer Berg avant la chute du mur. Cette exposition se limite à la lettre A et comprend une liste alphabétique des artistes entrant dans cette catégorie. Apparemment, une sélection d’œuvres sera encadrée sur le mur et sur des tables de présentation, tous les matériaux restants seront disponibles pour les visiteurs. J’ai hâte de les découvrir.

Ruth Wolf-Rehfeldt und Robert Rehfeldts Mail Art Archiv, Artwords & Bookworks, USA 1978, Courtesy l’artiste et ChertLüdde, Berlin

Ruth Wolf-Rehfeldt und Robert Rehfeldts Mail Art Archiv, Artwords & Bookworks, USA 1978, Courtesy l’artiste et ChertLüdde, Berlin

J’espère que cela me laissera le temps d’aller au Festival of Future Nows, orchestré par Olafur Eliasson à la Hamburger Bahnhof. Trois jours de rencontres, performances, discussions pour penser demain.

Berlin en 2017 n’a rien à voir avec le Berlin agité et adolescent des années 1990 de l’après chute du mur, même si mythes et fantasmes sont encore là et continuent de prospérer. La ville est adulte. Elle réfléchit autrement, sans nostalgie. Et cela lui va bien. Bref, tout cela donne hâte de quitter le mois d’août pour un mois de septembre, riche, étonnant et qui va donner à penser…

Valérie Chartrain est – outre prospectiviste, stratégiste et experte en vins et spiritueux – une commissaire d’exposition indépendante, cofondatrice de Petunia, une revue d’art et du culture, féministe et intersectionelle. Petunia a été fondée en 2007 par Lili Reynaud Dewar, Dorothée Dupuis et Valérie Chartrain, depuis lors, questionne les stéréotypes.

 

5 expositions et lieux à (re)décourvir cet été à Paris

Les recommandations de Lynhan Balatbat, curatrice à SAVVY Contemporary Berlin

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Rappelons, pour commencer, que six jours ne sauraient permettre de découvrir la diversité et la richesse des milieux culturels et artistiques d’une ville telle que Paris. Aussi, parmi les projets fascinants présentés dans le cadre de la semaine du  FOCUS arts visuels  de l’Institut français (invitation de curators internationaux),  j’ai choisi de vous présenter ceux que j’ai, à titre personnel, préférés :

La Colonie (128 rue Lafayette, 75010 Paris)

La Colonie © Sandra Nicolle

Créée par Kader Attia, La Colonie, qui a ouvert ses portes récemment dans le 10ème arrondissement de Paris, est un lieu de rencontres interdisciplinaire. Occupant plusieurs étages d’un bâtiment aux dimensions généreuses, cet espace comprend une grande cour intérieure et abrite un bar, un fumoir et des salles d’expositions aussi nombreuses que diverses. Conçu grâce aux fonds privés d’un artiste, La Colonie est un espace public, avant-gardiste et hybride qui fait revivre la tradition des cafés et des échanges philosophiques, un lieu de rencontres, de pensées critiques, de fête et de débat qui fait définitivement partie de mes favoris. Au programme, de nombreuses activités, des interventions et des débats qui placent au cœur de Paris un ilot voué à la production de savoir sans toutefois, au contraire d’espaces artistiques traditionnels, en imposer une forme centraliste mais en laissant l’acte et la parole au collectif et à la rencontre d’idées.

Marcelle Alix (4 rue Jouye-Rouve, 75020 Paris)

Galerie Marcelle Alix

Sous la conduite d’Isabelle Alfonsi et de Cécilia Becanovic, cette galerie offre un véritable petit oasis artistique dans les quartiers situés dans le nord-est de la capitale. Le visiteur peut y admirer une rétrospective consacrée aux œuvres de Marie Voignier, une exposition conçue en étroite concertation avec l’artiste qui a permis de mettre en valeur, au-delà des installations vidéos et des monographies, les motifs et les impulsions qui déterminent le travail de Marie Voigner. La galerie Marcelle Alix sait créer un espace où la complicité entre les galeristes et l’artiste devient palpable, ouvrant ainsi aux amateurs d’art la voie à une découverte en profondeur des méthodes et contenus

Fondation Louis Vuitton (8, avenue du Mahatma Ghandi, 75116 Paris)

© DB-ADAGP Paris / Iwan Baan / Fondation Louis Vuitton

© DB-ADAGP Paris / Iwan Baan / Fondation Louis Vuitton

Art / Africa, le Nouvel Atelier.
Sous une appellation volontairement moyenâgeuse, l’exposition organisée actuellement par la Fondation Louis Vuitton dans l’Ouest parisien part à la découverte d’artistes contemporains. Axées autour de deux volets distincts, l’un thématique, l’autre chronologique, les œuvres d’artistes sud-africains exposées au deuxième étage du bâtiment, reprennent des thèmes tels que l’apartheid, l’enracinement, l’identité, le racisme ou encore la résistance.

Fondation Kadist (19bis/21 rue des Trois Frères, 75018 Paris)

Haig Aivazian, 1440 couchers de soleil par 24 heures, vue de l’exposition à la fondation Kadist, Paris, 2017 Courtesy de l’artiste & Kadist, Paris, 2017

Haig Aivazian: 1440 couchers de soleil par 24 heures
Situé en plein cœur de Montmarte, dans une arrière-cour, l’espace Kadist, ouvert en 2006, se veut une organisation à but non lucratif qui conçoit l’art comme l’un des instruments nécessaires au façonnement de la société. Les programmes proposés au sein de cet espace sont voués au soutien des artistes dont les œuvres deviennent souvent, par la suite, partie intégrante de leur collection. À de nombreux égards, les œuvres exposées permettent une approche globale particulière d’un art contemporain qui se veut le fruit d’une coopération entre artistes internationaux, commissaires d’expositions et organisations internationales. Kadist n’est pas seulement un lieu d’exposition, c’est aussi un centre de rencontres destinées à des manifestations publiques.

Khiasma (15 Rue Chassagnolle, 93260 Les Lilas, Frankreich)

Espace Khiasma

Khiasma est un espace artistique à la périphérie est de la capitale et installée dans les locaux d’une ancienne usine de peinture. Créateur de cet espace, Olivier Marboeuf est à la fois commissaire d’exposition, auteur et artiste performeur et se consacre à la relation entre images, texte et voix, d’une part, et au narratif des minorités d’autre part. Conçu comme un lieu de rencontres réservé au voisinage proche, Khiasma s’est développé en un lieu incroyable de promotion et de rencontres entre créateurs désireux d’évoluer en dehors des canons imposants du dictat euro-centriste, un lieu où les échanges critiques abordent des sujets aussi divers que les frontières, la politique, la vie sociale, la santé mentale, l’écologie urbaine ou encore la transmission.

Lynhan Balatbat-Helbock
Née en 1982 à Vienne, Autriche
Vit et travaille à Berlin

Lynhan Balatbat-Helbock est curatrice et chercheuse. Elle dirige actuellement un projet d’archives participatives auprès de SAVVY Contemporary à Berlin. Outre des études de romanistique à Vienne, elle est titulaire d’un master en Postcolonial Cultures and Global Policy de l’Université Goldsmith à Londres. Elle vit à Berlin depuis 2014 et participe au projet d’archives permanentes Colonial Neighbours. Elle consacre son activité de recherche aux traces coloniales encore visibles aujourd’hui, aux silenced histories et à la « décanonisation » du regard occidental. En application d’une méthode hybride et en étroite collaboration avec des artistes, des initiateurs et des activistes, ses travaux s’organisent autour d’une comparaison critique avec les archives en tant qu’objets.

Elle a apporté son soutien à plusieurs projets et expositions de l’artiste Bouchra Khalili : Streamlines-Ozeane, Welthandel und Migration, Deichtorhallen Hambourg, Allemagne (2015), The Opposite of Voice-Over, Färgfabriken Konsthall, Stockholm (2016) et The Mapping Journey Project, MoMA, New York (2016).

Lors d’une collaboration récente avec le Maerzmusikfestival du festival international du film de Berlin, elle a participé à l’organisation de l’exposition et du centre de documentation consacrés à Julius Eastman ainsi qu’à l’élaboration du format radio de la documenta14 - Every time a Ear di Sound, SAVVY Funk à Berlin.

5 Highlights du Mois de la Photographie du Grand Paris

Les recommandations de Barbara Hofmann-Johnson, directrice du musée de la photographie de Braunschweig

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Il aurait fallu y passer tout le mois d’avril 2017 pour pouvoir voir l’ensemble de la programmation du Mois de la Photographie du Grand Paris, qui, pour la première fois, ne se tient pas uniquement dans le centre mais aussi aux alentours proches de la capitale. Sous la direction artistique de François Hébel, directeur de longue date des rencontres européennes de la photographie d’Arles, la programmation réussit le tour de force de proposer un programme axé sur la photographie et associant une multitude de musées, galeries, instituts culturels, mais aussi d’artistes et de commissaires dans tout Paris et sa banlieue.

Grâce à l’engagement de Sophie Robnard de l’Institut français et sur invitation des différentes représentations de l’Institut français à l’étranger, un groupe de commissaires internationaux a eu la possibilité de se rendre sur des sites qui, faute de temps lorsque l’on visite la capitale française, restent souvent méconnus.

À ce titre, l‘édition 2017 du Mois de la Photographie représente un véritable petit guide, même si le catalogue du festival, malgré son épaisseur, ne mentionne pas l’ensemble des contributions dont la qualité est, par ailleurs, changeante. Aussi était-ce une bonne idée que d’opter pour le circuit « Grand Tour du Grand Paris ».  : ce dernier en effet n’est pas seulement d’une grande qualité artistique, il reprend également tant les thématiques des expositions que certaines contributions de jeunes artistes utilisant différemment la vidéo et la photographie.

Identité, urbanité et réalité sociologique sont des thèmes récurrents de l’art de la photographie qui ont profondément marqué l’histoire de celle-ci. Ainsi, les rétrospectives de Walker Evans et de Joseph Koudelka au Centre Pompidou sont-elles à voir absolument, au même titre que les autres expositions proposées dans le centre-ville et consacrées aux grands aspects de l’histoire de la photographie, à l’image, notamment, du 50ème anniversaire de l’agence MAGNUM.

Comment découvrir une ville, dont l’histoire, la diversité architecturale et les trésors culturels sont souvent idéalisés au travers de clichés qui tendent à occulter l’esthétique au quotidien, la réalité des banlieues et de leurs sempiternels chantiers, l’austérité des rues, les monstruosités architecturales, mais aussi l’art de vivre que cette ville génère ?

Arrivé en France au début des années 70, l’artiste polonais Eustachy Kossakowski fixe alors sur la pellicule les 157 panneaux qui annoncent et entourent Paris à la sortie de banlieues souvent impopulaires. Si les perspectives diffèrent à chaque fois, tous les clichés sont en noir et blanc et pris systématiquement à six mètres de distance du panneau « Paris », offrant ainsi une vue singulière de la capitale française. Intitulée  « six mètres avant Paris », l’œuvre de E. Kossakowski est présentée au MAC VAL, le musée d’art contemporain du Val-de-Marne à Vitry-sur Seine.

La jeune artiste française Po Sim Sambath sait elle aussi se servir de la force des images et de leur impact sociologique : avec „Les Muristes“, un travail en plusieurs parties, elle permet au spectateur d’établir un lien entre l’image archétypale du dealer en streetwear et un espace public au décor fictif. L’œuvre sculpturale que génère l’utilisation du scanner et de l’imprimante 3D donne ainsi le sentiment d’un travail photographique urbain réalisé pour les besoins d’une visionneuse et jette un pont entre les différentes manières de la percevoir. Intégré au sein d’une exposition collective dans un ancien magasin d’ameublement de la zone piétonne de St. Denis, le travail de Po Sim Sambath fait définitivement partie des contributions les plus passionnantes, non loin de la célèbre Basilique.

Outre les aspects de la vie urbaine, différentes expositions mettent en relation des vues de paysages archaïques et des moments privilégiés dans les relations entre l’Homme et la Nature. À cet égard, le film « Tezen » de Shirley Bruno, présenté à la Galerie municipale Jean Collet, est une véritable découverte. Empreinte d’une sérénité et d’une atmosphère particulières, l’œuvre de cette artiste née à New-York et vivant à Paris est inspirée d’un conte haïtien séculaire qui évolue au gré des narrations.

Découvrez ce film sur le site de l’artiste : http://www.shirleybruno.com/tezen#1

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Barbara Hofmann-Johnson dirige le musée de la photographie de Braunschweig depuis novembre 2016. Après des études d’histoire de l’art, de langue et de littérature allemandes et des sciences du théâtre, du film et des médias, elle se voit confier la responsabilité de nombreux projets d’expositions de photographie contemporaine. Avant de prendre ses fonctions à Braunschweig, elle travaille pour la Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur – August Sander Archiv et comme chargée de cours à la Folkwang Universität der Künste Essen, dans le domaine de la photographie et de la pratique curatoriale.

Les recommandations de Thibaut de Ruyter pour le Gallery Weekend berlinois 2017

Le “Gallery Weekend” de Berlin est devenu, au fil des dix dernières années, une belle institution et une intéressante alternative aux traditionnelles foires d’art contemporain. La capitale allemande n’ayant pas réellement réussi à trouver sa place dans le paysage des grandes foires internationales, le fait qu’une cinquantaine de galeries s’unissent pour — le temps d’un week-end (28-30 avril) —, vernir leurs expositions et célébrer ensemble la richesse artistique de la ville est une belle alternative.

Surtout, c’est un format autrement plus intéressant que les traditionnels stands de foire : les galeries jouent « à domicile » et peuvent, du coup, présenter de belles expositions dans leurs grands espaces. (Il faut juste, vues les distances à parcourir entre les galeries, acheter une bonne paire de chaussures de marche ou réserver un budget de taxi conséquent). Bref, le Galerie Week-End est, désormais, un incontournable du calendrier berlinois.

Pour l’occasion, Esther Schipper déménage dans de plus grands espaces et présente Anri Sala, à quelques dizaines de mètres de là, Tanja Wagner expose Kapawani Kiwanga tandis que, au coin de la rue, EXILE présente quelques français dans une exposition de groupe. Une fois encore, la scène française n’est pas en peine et il faut s’en réjouir.

Mais on ne fait pas 1.000 kilomètres pour venir de France voir des français! Il faudra donc surveiller avec attention Eva Kot’átková chez MEYER RIEGGER, traverser la rue pour jeter un œil chez Daniel Marzona (qui présente Bernd Lohaus), et passer chez Mehdi Chouakri pour voir les œuvres de la subtile et géniale Charlotte Posenenske.

Enfin, un petit bémol et un souhait pour les prochaines éditions : prendre des risques. Car si Jürgen Klauke (Galerie Guido Baudach), Candice Breitz (KOW), Thomas Schütte (Carlier / Gebauer), Martin Barré (Kunsthandel Wolfgang Werner) ou Michel Majerus (NEUGERRIEMSCHNEIDER) sont des artistes passionnants, ils ne sont pas véritablement des découvertes et ne représentent pas ce que Berlin a de plus innovant à offrir en ce moment. Il sera donc bon, entre deux « blockbusters », d’entrer dans les autres galeries (Thomas Fischer, House of Egorn ou l’experimental Eigen+Art Lab) et de jeter un œil attentif…

Mais que serait une galerie sans collectionneurs? Il faudra donc aussi, lors du passage à Berlin, garder un peu de temps pour visiter la collection de Julia Stoschek (qui donne une place de choix à Cyprien Gaillard) et, surtout, la collection Hoffmann (qui présente un étrange artiste français répondant au nom de Titus). Les œuvres d’art, une fois vendues, ne finissent pas forcément dans une caisse d’un port franc et il est bon de voir que de véritables collectionneurs passionnés continuent à les faire vivre.

Thibaut de Ruyter
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Thibaut de Ruyter est architecte, commissaire d’expositions et critique d’art et d’architecture. Il vit et travaille à Berlin depuis 2001 et collabore régulièrement aux revues artpressMouvement et Fucking Good Art. Il a organisé des expositions au HMKV de Dortmund, au Eigen+Art Lab de Berlin, au Museum Kunstpalast de Düsseldorf, au Kunstmuseum de Bochum et a accompagné la nouvelle conception du Museum Angewandte Kunst de Francfort/Main. Il est, avec Gaisha Madanova, le co-fondateur du premier magazine d’art au Kazakhstan — ALUAN — et a curaté avec Inke Arns, pour le Goethe-Institut, une exposition itinérante intitulée Die Grenze et basée sur les artistes des pays de l’ex-URSS (à voir jusqu’à la fin de 2018 dans diverses villes de Russie, Asie Centrale et Causase). Il prépare pour juin 2017 une exposition sur le livre de photographie au CRP de Douchy-les-Mines et une autre à partir de la collection du Museum Sztuky à Lodz.

Projets

Jean-Christophe Arcos aux Kunstmuseen Krefeld

matali crasset, Permis de construire, 2000, Schaumstoff, Stoff Foto: Patrick Gries

matali crasset, Permis de construire, 2000, mousse, tissue, photo: Patrick Gries

Jean-Christophe Arcos est invité aux Kunstmuseen de Krefeld pour participer à la conception du programme culturel d’une exposition en lien avec les fabricants et designers Domeau & Pérès et à la réalisation d’une publication scientifique. 120 ans après l’ouverture du Kaiser Wilhelm Museum, fondé à l’origine pour accueillir un musée d’arts et d’arts décoratifs, les Kunstmuseen de Krefeld ont reçu une donation importante dans le domaine du design de Domeau & Pérès. En 1996, le tapissier Domeau et le sellier Pérès fondèrent l’entreprise Domeau & Pérès pour prôner leur savoir-faire artisanal et leur expertise du design contemporain. Domeau & Pérès permettent aux designers de réaliser leurs rêves les plus fous et écrivent l’histoire du design avec des meubles et des objets en éditions limités, dont la fabrication est souvent très couteuse. On retrouve notamment dans la donation des objets de Ronan & Erwan Bouroullec, Christophe Pillet, Matali Crasset, Martin Szekely et Eric Jourdan. Ces objets seront présentés en mai 2018, à côté d’œuvres des arts décoratifs de leur propre collection, dans une exposition au Kaiser Wilhelm Museum. L’exposition et le catalogue qui l’accompagne, rendront compte du dialogue créatif avec les leaders du design français.

Les Kunstmuseen de Krefeld jouent, avec leur programme d’exposition, sur trois maisons et occupent, en raison de cette particularité architecturale, une place majeure dans la scène muséale d’Allemagne. Un objectif de la nouvelle orientation de la programmation de la maison dirigée par Katia Baudin est de mettre en avant l’existence des arts décoratifs aussi bien que l’intersection entre les arts décoratifs et les arts visuels dans le programme d’exposition à venir. Ainsi, les Kunstmuseen de Krefeld renouent avec l’histoire fondatrice du musée dans une perspective contemporaine.

Diane Turquety @Documenta 14

DOCUMenta

Dans le cadre du programme Jeunes Commissaires, Diane Turquety était invitée à la documenta 14 dans le cadre de la mise en œuvre de marco 14 et CIAM4 / Naufrage avec spectateur, soit une double exposition et un séminaire / tournage reliant Athènes et Cassel. Inspiré du IVème Congrès International d’Architecture Moderne  (CIAM) de 1933, auquel a notamment pris part l’architecte Le Corbusier, cette proposition de l’artiste Rainer Oldendorf tend à soulever la notion d’enseignement comme pratique sculpturale, le film tourné à l’occasion – marco14 – en étant le catalyseur.

A Paris puis sur place à Athènes, Diane Turquety a été chargée de la mise en place et du suivi du projet pour sa présentation à la documenta 14 d’Athènes au Polytechnion. Elle a coordonné l’organisation d’une double exposition – l’une réunissant en une installation / exposition un ensemble d’éléments clés préparatoires au film marco14, l’autre regroupant les contributions des étudiants des écoles partenaires : l’École des Beaux Arts d’Athènes, l’Université polytechnique nationale d’Athènes, l’Université de Thessalie, programme postdoctoral INSTEAD (Grèce), l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon Franche-Comté (France), et la Kunsthochschule Kassel (Allemagne).

Le second volet de la mission de Diane Turquety consistait en l’organisation de la semaine de séminaire et de tournage du film marco14 qui s’est déroulée mi-mai au cours d’un voyage entre Athènes, Besançon et Cassel. Ce séminaire a réuni une trentaine de participants grecs, allemands et français, à la fois acteurs, conférenciers ou étudiants. Ce séminaire a donné lieu au film marco14 qui est présenté à la documenta 14 de Cassel à la Kunsthochschule et au Hessisches Landesmuseum jusqu’au 17 septembre.

Interview avec la jeune commissaire

Kunstverein Hannover – Eleonore False “Open Room”, om-thé-tue-eint-agit, du 4 au 18 septembre 2016

                                                                Éléonore False »Open Room, om-thé-tue-eint-agit«, 2016

Éléonore False »Open Room, om-thé-tue-eint-agit«, 2016

En 2016 la jeune commissaire Mathilde de Croix invite Eléonore False à investir deux espaces du Kunstverein Hannover (du 4 au 18 septembre).

“Dans un mouvement inverse aux accrochages d’Open Studio, l’exposition d’Éléonore False, intitulée « Open Room, om-thé-tue-eint-agit » prend place dans deux salles du Kunstverein Hannover. Jouant de l’ambiguïté des traductions du terme anglais « room », qui recouvrent plusieurs réalités distinctes que sont la pièce, la salle et la chambre, l’occupation par l’artiste de ces deux espaces prend pour point de départ ce glissement sémantique de l’intime à l’espace normé. om-thé-tue-eint-agit, formes graphiques et babillages, en souligne le caractère expérimental. La coïncidence géographique avec la construction du Merzbau de Schwitters, un artiste pour les artistes et, en l’occurrence, un artiste essentiel pour elle, a été un autre élément marquant dans le préambule de cette exposition.”